
Melbourne adore une réinvention astucieuse, et The Royce en est l’un des meilleurs exemples. Ancien showroom de voitures des années 1920, il se dresse désormais comme un hôtel boutique qui échange le rugissement des moteurs contre le glamour tout droit sorti d’un roman de F. Scott Fitzgerald. En entrant, la cacophonie de la ville s’estompe, remplacée par de hauts plafonds, du chrome poli et des clins d’œil aux origines du bâtiment. Cet hôtel est un mélange confiant de passé et de présent qui laisse une forte première impression et continue de séduire après l’enregistrement.
À quoi ressemble l’hôtel ?

The Royce se dresse sur St Kilda Road avec la confiance d’une grande dame fraîchement renaissante. Rénové il y a deux ans, l’ancien showroom Rolls-Royce brille comme s’il venait de sortir de la chaîne de production – chaque coin est aussi poli que son homonyme. Des accents en chrome et un éclat poli rappellent les célèbres grilles de voitures sans jamais paraître kitsch.
Nous sommes accueillis par Sam en arrivant au parking pour les clients/vélos de l’hôtel. Il porte une épingle en forme de voiture sur son revers, un petit clin d’œil à l’héritage du bâtiment. Stanley attend également dans le hall pour nous accueillir ; il est le paon empaillé résident, observant la scène avec un calme impérial. Ce n’est pas le seul élément plumitif de l’hôtel : du papier peint à motif d’oiseaux réapparaît comme un motif tout au long de l’hôtel.
Comment est le quartier ?
L’emplacement équilibre commodité et calme. St Kilda Road est juste à l’extérieur du CBD, mais le centre-ville n’est qu’à dix minutes. Les Jardins botaniques royaux et la Galerie nationale de Victoria sont accessibles à pied, et la scène gastronomique de Southbank est à un court trajet en tram. D’autres connexions de tramway rendent South Melbourne, South Yarra et même Fitzroy facilement accessibles.
Où vais-je dormir ?
Mon critère préféré, légèrement indigne, pour juger du calibre d’un hôtel est le tapis du couloir : plus il est moelleux, plus il est difficile de faire rouler la valise. Atteindre la porte de notre Suite Boulevard au troisième étage a nécessité deux mains et un peu de force, ce qui est de bon augure.


La Suite elle-même offre espace et style à parts égales. Un couloir privé s’ouvre sur un vaste salon habillé de tons de bijoux et d’accents en or brossé. La chambre dispose d’un lit king avec ce qui semble être un surmatelas double pour un sommeil aussi doux qu’un nuage. Les draps sont frais, le rangement est abondant, et je m’occupe pendant quelques minutes à me familiariser avec le panneau de boutons près du lit (stores occultants, rideaux légers, éclairage allumé, éclairage tamisé, etc.). Notre balcon donne sur St Kilda Road mais l’insonorisation garde le bourdonnement du boulevard fermement à l’extérieur et je n’entends que les cloches du tram aux petites heures du matin.
La salle de bain est un point fort : surfaces en marbre, doubles vasques, baignoire autoportante et douche à effet pluie avec une pression d’eau décente. Les produits de toilette Molton Brown et des serviettes épaisses complètent le tableau. À ma grande joie, il y a des miroirs partout pour se coiffer et faire des vérifications de dernière minute avant de sortir.
Que trouve-t-on au menu ?
Le Showroom Bar est le centre social de l’hôtel. Un vaste comptoir en marbre et des tabourets en velours créent l’ambiance pour des cocktails variés ; des recettes classiques et des variations signatures, comme le Charlie Chaplin Spritz (gin, brandy d’abricot, vin pétillant) et le The Mac (rhum noir, liqueur Mac, jus de citron, chocolat noir). La carte des vins met l’accent sur les producteurs victoriens. Le service était amical, sans être pressé.

Supervisé par le chef Pawan Dutta, le menu traverse l’Europe et le Japon et est aussi vaste que diversifié – en-cas, entrées, plats principaux, plats réconfortants et même options de caviar. Les convives susceptibles d’hésiter devant le menu prennent note : il vaut la peine de repérer les options à l’avance.
Nos croquettes de côtes de bœuf sont une délicieuse bouchée, et la truite de mer flambée au hibachi est d’un rose délicat sur une tranche de crumpet fait maison à bords croustillants. Il n’y a pas de pénurie de truffe dans le toast Wagyu ; il se présente sous forme de galette panée, riche et douce entre du pain pressé au beurre. Un tentacule de poulpe tendre se marie bien avec une harissa piquante, et mon partenaire déclare que les linguinis aux fruits de mer – chargés de petits calamars, de moules, de bottarga et de tartare de crevettes – sont parmi les meilleurs qu’il ait jamais goûtés. Nous sautons la salle à manger pour le dessert, le commandant dans notre suite à la place. Pas une seule miette de ma tarte aux pommes chaude ne parvient sur la couette alors que je mange en tailleur sur le lit, robe de chambre et tout.
Le petit-déjeuner est servi dans la Terrasse baignée de lumière, un espace semblable à une véranda qui pourrait être à Paris. Des chaises en rotin rembourrées, des auvents rayés et ce papier peint à motif d’oiseaux encore une fois créent une atmosphère douce et lumineuse. Par une matinée ensoleillée, la terrasse extérieure est le choix évident pour le brunch. Le menu privilégie la qualité à la quantité : des œufs à votre façon, des fruits de saison, du pain perdu et des pâtisseries cuites sur commande remplacent l’étalement habituel du buffet.

Comment sont les extras ?
Les équipements sont simplifiés. Une salle de sport compacte avec des équipements modernes convient pour un entraînement rapide. Le service de voiturier est efficace ; un stationnement limité dans la rue est disponible pour ceux qui sont prêts à chercher.
Qu’est-ce qui distingue The Royce ?
Des sols en marbre et un grand escalier évoquent le passé glamour du bâtiment, tandis que des sièges en velours, des détails en laiton et un éclairage chaleureux lui donnent un poli contemporain. L’atmosphère est sophistiquée mais jamais rigide.
Qui va aimer The Royce ?
Les voyageurs qui apprécient le design et le confort autant que l’emplacement, c’est un séjour confiant et finement réglé – aussi fluide qu’une balade en Rolls-Royce.
L’auteur était un invité de l’hôtel.








